Alexandra Dovgan, tempêtes pianistiques au Festival de Menton

Alexandra Dovgan est une jeune pianiste fascinante. Découverte il y a deux ans à Monte-Carlo, elle avait conquis le public du Festival de Menton l’an passé dans un merveilleux Concerto de Grieg avec le Verbier Chamber Festival Orchestra. Elle revient cette année pour un récital poétiquement intitulé "Tempêtes pianistiques"
Son interprétation de la Sonate n°17 "La Tempête" de Beethoven est étonnante et pleine de surprises. Elle prend le temps, elle respire. Sa capacité à captiver l’attention à chaque instant est tout simplement incroyable. Un pur moment de magie, fruit de cette rencontre au sommet entre la jeune Alexandra et le grand Ludwig.
La Barcarolle de Chopin, jouée au bord de mer, devient un instant suspendu : une interprétation exquise, pleine de nuances et de couleurs. L’atmosphère contraste fortement avec celle du Théâtre Palmero, où Yulianna Avdeeva l’avait donnée quelques jours plus tôt.
Avec le Prélude, Choral et Fugue de César Franck, l’ambition change d’échelle. Sa sonorité, qui évoque à la fois la majesté des grands orgues et les cloches d’église, appelle une véritable solennité intérieure.
Le récital s’achève avec la redoutable Sonate n°2 de Prokofiev. De l’allegro percussif au vivace final étincelant, Alexandra Dovgan fait preuve d’une maîtrise époustouflante, alliant flamboyance et profonde réflexion musicale.
L’enfant prodige est aujourd’hui devenue une jeune artiste accomplie, dont l’autorité et la sensibilité impressionnent les plus grands mélomanes